La Pxte, le Voleur et l’Étranger est une relecture croisée de Sodoma (Frédéric Martel - 2019) et de La Vita Martini (Sulpice Sévère, 397) à travers l’histoire fictionnelle d’un ancien enfant abusé devenu prostitué pour hommes d’Église.
Entre sanctification des travailleur·euses du sexe, détournements de symboles et revues porno cachées dans un prie-Dieu, son environnement plastique met en lumière la dualité d’une Institution catholique profondément homosexuelle. Devenue refuge pour les mêmes hommes qu’elle condamne, l’Église partage bien des usages avec les iconographies du désir, de la pornographie et des maisons closes. Dans les basiliques, les clochettes éloignent le mal, dans les bordels, elles éloignent les clients lambinards.
Photographie, vidéo, édition, réemploi d’objets et de formes constituent la pornothèque profane d’un escort transfrontalier, aux fantasmes façonnés par les martyrs, la soumission, les abus et la transgression. Porteur d’un apparent stigmate, il vénère ses nouveaux saints populaires, ritualise l’amour de son prochain, comme Saint Martin : il embrasse le lépreux et offre sa chlamyde au pauvre.