Installation plurimédia, sérigraphies, photographies, typographie post-binaire, objets divers, mobilier, lecture performée ponctuée d’interventions sonores, lumineuses, et d’interactions avec l’environnement.
Photo : Rolan Dropsy
Vue de DNSEP, La Laverie, La Riche, 2024
Constitué comme un laboratoire de recherche graphique et textuel, Pédégouine est une exploration plastique et mentale de la fluidité du langage. Espace de partage et d’expérimentations, iel se nourrit de ses contemporain·es, ne renie jamais ses origines, embrasse transfuges et punk à chiennes. Alimenté·e de références et adouci·e par le sensible, iel extrospecte sa somabite intérieure, Pédégouine se soigne pour aimer plus tendrement.
Photos : Rolan Dropsy et Aynkán Dropsy Giménez
Vues de DNSEP, La Laverie, La Riche, 2024
“Ça va être drôle de foutre papy dans la même voiture que cette pédale que je ramène une semaine dans ma chambre.”
Histoire d’amour autobiographique entre deux adolescents de campagne : une gouine et un pédé. Iels s’apprivoisent entre tendresses, apprentissages croisé de la violence des hommes, réconforts et construction d’une identité queer autour de ces relations d’amour trans-sexuelles. C’est la tentation d’apparence
anti-conformiste de l’extrême droite qui attise tant les rejeté.es campagnards qui viendra les séparer pour de bon.
“Monique Wittig a dit que les lesbiennes ne sont pas des femmes, par contre les pédés c’est men are trash”
Une gouine qui veut baiser des pédés, sa langue est prolo avant d’être lesbienne, pour elle être bourge est un genre à part entière et être gouine c’est préférer baiser un pédé qu’une bourge. Naviguant ces milieux de luttes queer et féministes, elle
ressent l’exclusion de plus en plus normalisés des communautés gays, et les reproches constantes d’une sexualité qui vient défier toutes les complaisances.
Photo suivante : Diego Movilla Je préfère coucher avec un pédé que j'aime qu'avec une gouine que je déteste, La Laverie, La Riche, 2024
« Je préfère coucher avec un pédé que j’aime qu’avec une gouine que je déteste.
J’attends à la sortie de la gare pour le voir IRL pour la première fois. Je suis avec maman et c’est papy qui conduit. Ça va être drôle de foutre papy dans la même voiture que cette pédale que je ramène une semaine dans ma chambre.
Pas un jour sans qu’on parle T et moi. [...]
Quand il monte dans la voiture, la première chose qu’il dit c’est qu’il a mal à la couille gauche, et que c’est quand même incroyable que la couille gauche soit souvent plus grosse que la droite, avec cette ligne au milieu du corps qui nous rend symétrique.
Minerva sort son ocarina et joue les premières notes du Chant de Saria.
“Tout part du trou de cul”.
Quand il prononce cette phrase papy regarde droit la route.
Après mes amitiés névrotiques lesbian-coded avec toutes les meufs de mon entourage, je me lie cette très forte amitié avec une autre pédale de campagne. Quelqu’un qui comprend quand je parle de la bite fine et pleine de poils de mon ex le violeur. Qui me raconte la première fois qu’il se l’ait pris
entre deux films loin de sa chambre d’enfant.
T est mon ami que je n’ai vu en vrai qu’une semaine. On se promet de se revoir vite, mais ça n’arrivera jamais, parce que T fait partie de ces pédales de campagne fan de Marine Le Pen.»